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L’équipe de la Voix de l’Espérance

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12/2010

10. Le père prodigue

Voici donc la troisième parabole que l’évangéliste Luc a rapportée au 15e chapitre de son Évangile.

Jésus dit encore : Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : « Mon père, donne-moi ma part d’héritage, celle qui doit me revenir un jour. » Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils. Quelques jours plus tard, le cadet ramassa tout ce qui lui appartenait et s’en alla dans un pays lointain. Là, il gaspilla sa fortune en menant grande vie. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là et il commença à manquer du nécessaire. Alors il alla se faire embaucher par l’un des propriétaires de la contrée. Celui-ci l’envoya dans les champs garder les porcs. Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui en donnait.

Alors il se mit à réfléchir sur lui-même et se dit : « Tous les ouvriers de mon père peuvent manger autant qu’ils veulent, alors que moi, je suis ici à mourir de faim ! Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l’un de tes ouvriers. »

Il se mit donc en route pour se rendre chez son père. Comme il se trouvait encore à une bonne distance de la maison, son père l’aperçut et fut pris d’une profonde pitié pour lui. Il courut à la rencontre de son fils, se jeta à son cou et l’embrassa longuement. Le fils lui dit : « Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils. » Mais le père dit à ses serviteurs : « Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous trouverez, et mettez-le lui ; passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales. Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le. Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l’ai retrouvé.

Et ils commencèrent à festoyer dans la joie. Pendant ce temps, le fils aîné travaillait aux champs. Sur le chemin du retour, quand il arriva près de la maison, il entendit de la musique et des danses. Il appela un des serviteurs et lui demanda ce qui se passait. Le garçon lui répondit : C’est ton frère qui est de retour. Ton père a tué le veau gras en son honneur parce qu’il l’a retrouvé sain et sauf. »

Alors le fils aîné se mit en colère et refusa de franchir le seuil de la maison. Son père sortit et l’invita à entrer. Mais il lui répondit : « Cela fait tant et tant d’années que je suis à ton service ; jamais je n’ai désobéi à tes ordres. Et pas une seule fois tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand celui-là revient, ton fils qui a mangé ta fortune avec des prostituées, pour lui, tu tues le veau gras ! »

« Mon enfant, lui dit le père, tu es constamment avec moi, et tous mes biens sont à toi ; mais il fallait bien faire une fête et nous réjouir, puisque ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, puisqu’il était perdu et que nous l’avons retrouvé 1.

Dans cette histoire de famille, l’absence de la mère rend encore plus pathétique la maladresse de ces trois hommes en difficulté pour gérer leurs émotions. Les trois souffrent et, sans le vouloir, se font souffrir. D’un côté, ressort la peine d’un père incompris par ses fils, et d’un autre côté, la rébellion de ceux-ci, aussi bien de celui qui a fui la maison que de celui qui est resté.

Cette parabole se situe, en principe, dans un contexte de joie, mais, comme dans la vie réelle, la douleur traverse l’existence de tous ses personnages. On est cependant émerveillé par la sobriété, la pudeur, la délicatesse du Maître qui, avec un thème si propice au sentimentalisme, reste objectif sans prononcer, à aucun moment, ni condamnation ni accusation. Il relate malheurs et frustrations, mais n’accuse personne. Face à la souffrance, sa compassion l’emporte sur la description des fautes.

Jésus ne prononce aucune parole de justification ou de reproche sur le père qui n’a pu éviter l’incompréhension de ses fils. Aucun jugement de valeur n’est porté sur le comportement du cadet. La parabole se limite à la description de ses mésaventures. Le récit ne fustige pas non plus la jalousie de l’aîné, ni ne l’accuse de rien. Il  le décrit seulement comme un jeune malheureux au milieu de l’allégresse générale. Il ne prétend même pas que le retour du benjamin soit exempt d’intérêt égoïste, ni que l’indignation de l’aîné ne soit pas en partie justifiée. Il est si difficile d’évaluer les sentiments ! Jésus se contente de présenter les faits, les laissant ouverts à notre propre réflexion.

Quoique la parabole ne signale pas les différences entre eux, les deux fils restent parfaitement décrits : le plus jeune, inquiet et généreux, mais aventureux, irresponsable et capricieux. L’aîné, travailleur et casanier, mais taciturne et envieux.

Le fils cadet

La parabole commence par présenter le cadet, un garçon qui décide de quitter la maison pour s’amuser, voyager et connaître le monde. Pour cela, il prend l’initiative de demander l’héritage familial, agissant comme si son père était mort, étant donné qu’en cette société, les enfants n’héritaient normalement qu’après la mort des parents. Son père ne compte dans sa vie que comme un distributeur automatique : « Donne-moi mon argent. » Cependant, nous voyons par la réaction du père que le respect de la liberté du fils prévaut sur les questions d’intérêt et de peur.

Le fils à papa, naïf, dépensier, ignorait encore que les délires de grandeur coûtent plus cher qu’ils en ont l’air et que dilapider et garder les poches pleines sont incompatibles. C’est ainsi qu’un jour, consterné, il découvre que sa course aux plaisirs est finie et qu’il n’a plus ni or, ni argent, ni bronze. Il a, de plus, perdu aussi ses amis. Comble de malheur, une famine dévaste le pays, le plongeant dans la misère. Pressé par la faim, l’héritier ruiné finit par garder des cochons.

Dans la maison de son père, il avait suffi qu’il dise : « Donne-moi mon héritage » pour que son père le lui donne. Dans le monde où il vit maintenant, il n’ose même pas demander une poignée de caroubes pour calmer sa faim. Dans les porcheries où finissent souvent ce genre de jeunes piégés par leurs désirs, les cochons passent avant les humains.

Le nouveau pauvre, qui a sacrifié sa jeunesse sur l’autel des plaisirs, constate qu’en ce monde les loisirs prolifèrent mais qu’en réalité, les frustrations et les peines abondent davantage. Ce jeune égaré dans sa descente devra toucher le fond pour pouvoir se relever. « Je suis pécheur », a-t-il confessé. À partir de cet instant, il a commencé à apercevoir la sortie.

Le fils aîné

La seconde partie de la parabole est centrée sur le fils aîné qui revient des champs. Quand il approche de la maison et qu’il entend la musique, il commence à soupçonner quelque chose qu’il redoute. Il ne peut plus contenir son ressentiment. Paralysé par la haine, il refuse de franchir la porte et d’entrer dans la joie et la lumière.

Et là, dans les ténèbres du dehors, au seuil de la maison paternelle, au même endroit où il a rencontré son plus jeune fils, le père sort à la recherche de son fils aîné. Mais, cette fois, il n’y a pas d’embrassade. Comme une nausée longtemps réprimée, le fils aîné se met à vomir ses reproches. Ce qu’il dit alors à son père signifie en fait : « Je ne peux pas me sentir ton fils parce que tu m’as traité comme un esclave. Tu n’es pas un père pour moi, mais un tyran. »

Ses frustrations l’ont enfermé dans la rancœur. Tandis que son frère cadet rêvait du privilège d’être accepté comme esclave, lui, il se plaint d’avoir été traité comme tel.

L’aîné comme son cadet avant son retour, tous deux avaient mesuré leur bonheur à l’aune de ce qu’ils voulaient recevoir. Leur vision égocentrique de l’existence était figée sur leurs désirs insatisfaits. Il en est ainsi de tous les enfants prodigues de notre société de consommation : plus ils possèdent, plus ils se sentent malheureux. Ils cherchent à obtenir le bonheur dans « l’avoir », alors qu’il ne se trouve que dans « l’être » et le « donner ».

Le fils aîné de la parabole dit à son père : « Tu ne m’as jamais rien donné. » Et le père lui répond : « Tu es toujours avec moi. »

Combien de fois, dans le sempiternel champ de bataille de la famille, nous sommes-nous tirés dessus à coup de « tu, toujours » et de « tu, jamais », nous blessant les uns les autres et tuant nos plus précieuses relations personnelles !

Comme le frère aîné, nous parvenons mieux à aggraver la souffrance des autres qu’à partager leur joie. Il nous est plus facile d’empoisonner la fête que le père a organisée que d’y prendre part en nous réjouissant avec la famille réunie.

Le père

Le personnage principal de la parabole est, évidemment, le père. La pointe de la parabole, en effet, n’est pas la conversion du fils cadet ni le refus de l’aîné de partager la joie du retour de son jeune frère, mais les réflexions finales du père.

Tandis que les deux fils vivent pour eux-mêmes, centrés sur leurs propres intérêts et sur ce qu’ils veulent obtenir, l’intérêt du père est centré sur le bien de ses enfants. Il vit pour eux. Il n’aspire à rien d’autre que d’être père : « Tu es toujours avec moi ; ton frère était mort et il est à nouveau en vie ; il était perdu et je l’ai retrouvé. »

Le père est avant tout fidèle à sa paternité, à l’amour pour ses enfants que rien, pas même leurs affronts, ne peut altérer. Ce père ne se contente pas d’accueillir à la maison le fils indigne. Sa joie est telle que tout lui paraît trop peu pour fêter son retour. Et ce père, qui ne veut rien sinon rétablir les relations rompues et réconcilier les siens, met les choses au point en appelant son fils cadet « ton frère à toi » 2. Pour un père qui a pleinement pardonné, aussi infâme qu’ait été le passé de son fils, le présent s’avère maintenant tout neuf.

La parabole insiste moins sur ce qui est perdu que sur la joie des retrouvailles : joie du berger, joie de la femme qui avait perdu sa drachme, joie du père de famille… et joie des anges dans le ciel quand un être humain se tourne vers Dieu et décide de suivre sa voie.

Comme le père de la parabole, notre Père céleste organise une fête de retrouvailles et invite tout le monde à se réjouir avec lui. La dernière phrase de la parabole est, en quelque sorte, une question adressée à chacun de nous : Sommes-nous prêts à nous réjouir avec Dieu ?

Si le Christ avait espéré une réaction de ses auditeurs, elle pourrait se résumer ainsi : « Père, prodigue en miséricorde, ne me laisse pas m’éloigner de toi comme le fils prodigue ni réagir comme le frère aîné ! Retiens-moi toujours dans ta maison : Je ne veux pas manquer ta fête ! »

 

R. Badenas, Le Conteur de Paraboles, Vie et Santé,
Dammarie-les-Lys, 2009, p. 131-140, extraits.

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05/2012

5. Ce que nous regardons

Détourne mes yeux de la contemplation des choses vaines ; que je trouve la vie en marchant dans tes voies ! 1 Lire le reste de l'article →

01

05/2012

Le sel de la terre et la lumière du monde

Les Béatitudes, que nous avons parcourues dans nos précédents textes, font partie de ce qu’on appelé le Sermon sur la montagne. Jésus les a fait suivre d’une série de déclarations par lesquelles il montrait sur quels principes le royaume de Dieu est fondé, et ce que doit être la vie de ceux qui désirent en faire partie. Lire le reste de l'article →

25

04/2012

4. Les bases de notre alimentation (I) – Généralités

Après la vie, la santé est le bien le plus précieux. Elle est d’ailleurs la vie dans ses manifestations. Elle est, en somme, la résultante du fonctionnement normal de toutes les facultés de notre être : spirituelles, mentales et physiques. Parmi les fonctions indispensables à la vie, la nutrition figure en bonne place. Elle doit être assurée dans de bonnes conditions, c’est-à-dire fournir à l’organisme les matériaux dont il a besoin, en évitant d’y inclure des éléments toxiques ou malsains. Lire le reste de l'article →

20

04/2012

9. Portés disparus

Jésus, le Messie, en bon pédagogue, savait très bien qu’en Orient, tout le monde aime les histoires. L’imagination, l’humour et la tendresse étaient ses meilleurs alliés. Plus ses intentions étaient graves, plus il veillait à prendre un ton léger et enjoué. C’est la loi des grands remèdes pour guérir les grands maux, qui joue avec le délicat équilibre entre la douceur de l’excipient et la puissance des principes actifs, souvent amers. Lire le reste de l'article →

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04/2012

4. La colère est mortelle

Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ; que votre colère s’apaise avant le coucher du soleil. Ne donnez pas au diable l’occasion de vous dominer. 1 Lire le reste de l'article →

01

04/2012

Heureux les miséricordieux ! Heureux ceux qui ont le coeur pur ! Heureux ceux qui procurent la paix !

Les Béatitudes prononcées par Jésus se poursuivent ainsi : Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Par nature, l’être humain a un cœur froid, indifférent, ombrageux. Lorsqu’il manifeste un esprit de pitié et de pardon, il ne le fait pas de lui-même, mais seulement sous l’influence de l’Esprit de Dieu. Lire le reste de l'article →

25

03/2012

3. Pour une meilleure santé – « Un coeur joyeux est un bon remède »

Les rapports entre l’esprit et le corps sont très intimes. Lorsque l’un est affecté, l’autre s’en ressent. L’état d’esprit influe sur la santé beaucoup plus qu’on ne le croit généralement. Bien des maladies sont dues à la dépression mentale. Le chagrin, l’anxiété, le mécontentement, le remords, la méfiance tendent à briser les forces vives et à provoquer l’affaiblissement et la mort. L’imagination provoque parfois la maladie et très souvent l’aggrave. Lire le reste de l'article →

20

03/2012

A.2. La Bible, un livre authentique inspiré par Dieu : Réponses aux questions de l’étude

Réponses aux question de l’étude A.2. Lire le reste de l'article →

17

03/2012

Etude A.2. – La Bible, un livre authentique et inspiré par Dieu

I. LA BIBLE, UN LIVRE AUTHENTIQUE

Qu’entendons-nous par « livre authentique » ? Cela veut dire que tous les textes de la Bible qui sont présentés comme étant des récits historiques et des témoignages du vécu des gens se sont bien déroulés tel quels, et ne sont ni des légendes, ni des allégories. Les personnages qui interviennent dans ces récits ont réellement existé. Les paroles présentées comme étant celles des prophètes, de Jésus, le Messie, et des apôtres ont été effectivement prononcées par eux. Lire le reste de l'article →

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03/2012